Travailler dans une organisation de l’ancien paradigme : est-ce viable aujourd’hui ?

Un travail salarié permet à des millions de parents de nourrir leurs enfants, il permet de faire de belles rencontres, il peut servir de point d’appui pour créer sa liberté financière. Dans un environnement équilibré, il peut être synonyme de doux souvenirs.

Il serait bien trop facile de dénigrer toutes les entreprises qui emploient des salariés. Certaines ont vraiment la volonté de prioriser le bien-être de leurs employés. D’ailleurs elles ont bien compris que c’était meilleur pour leur modèle économique.

Certaines souhaitent améliorer l’environnement de travail. Simplement, elles n’ont pas encore réuni toutes les informations. Elles expérimentent. Elles en sont au début et en leur laissant un peu de temps elles changeront positivement.

Malheureusement, l’opposé est trop souvent rencontré. Certains modes de management s’agrippent aux anciennes méthodes. Résultat ? Des burn-out, des menaces, des pressions qui conduisent certains salariés à des états de dépression avancée. Quand on n’y pense, certaines structures n’auraient-elles pas le même fonctionnement qu’une secte ?

Mise en garde

Cet article expose un point de vue pour illustrer l’importance de l’esprit critique. Le rapprochement effectué entre la définition d’une secte et le fonctionnement d’une entreprise dite de l’ancien paradigme n’est pas à prendre au mot de façon systématique.

Ceci étant dit, repensons-y. Comment appelez-vous une structure qui impose des rituels et un mode de vie préjudiciable à la santé ? Le corps humain n’est simplement pas conçu pour être performant de 8h à 20h tous les jours de l’année. Le corps humain a des niveaux d’énergie qui varient selon la saison et les heures de la journée.

Pouvons-nous appeler cela une secte ? Pour le savoir, il suffit de reprendre la définition officielle du gouvernement.

La MIVILUDES (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) reprend pour définir les dérives sectaires les critères établis par les Renseignements généraux.

Comment identifier une dérive sectaire ?

D’après le MIVILUDES, la vigilance est de mise lorsque plusieurs des conditions suivantes sont remplies. La sujétion mentale est systématiquement retrouvée.

Les citations et situations indiquées sous certains critères sont hélas issues de la vie réelle.

  • La déstabilisation mentale

Qui n’a jamais eu affaire de près ou de loin à un manager manipulateur ?

  • Le caractère exorbitant des exigences financières

Travailler dur. Faire des heures supplémentaires non rémunérées. Passer les ¾ de son salaire dans les transports et l’achat/location d’un logement dans une ville qui ne nous plaît pas. Obtenir une augmentation qui sera reversée intégralement aux impôts.

  • La rupture avec l’environnement d’origine

Connaissez-vous quelqu’un qui a été muté dans un lieu qui lui déplaît ?

  • L’existence d’atteintes à l’intégrité physique

Le stress génère des maladies allant du rhume au cancer… Le stress acidifie le sang, dès que vous avez un peu de pression vous créez à l’intérieur de vous des radicaux libres, petites molécules instables qui accélèrent le vieillissement de vos cellules.

  • L’embrigadement des enfants

« Fais des études, trouve un travail ». « Tu rêves ! ». « Tu veux devenir chanteuse et laisser tomber tes études ? Après tout ce que j’ai fait pour toi ? Vraiment ? »

  • L’importance des démêlés judiciaires

Chaque année, 200 000 salariés saisissent le conseil des prud’hommes.

Source : http://www.liberation.fr/societe/2014/12/12/aux-prud-hommes-est-ce-toujours-le-salarie-qui-gagne-a-la-fin_1161519

  • Des conditions de vie déstabilisantes

« J’ai besoin que tu viennes habillée plus sexy demain, on a ce client important qui vient ». « Comment ça tu ne peux pas rester jusque 20h ? Moi qui te croyais impliquée… »

  • Les atteintes à des personnes en état de faiblesse et d’ignorance

« La dépression c’est n’importe quoi, il veut juste des vacances supplémentaires ».

  • Le refus des autres et l’isolement dans un groupe

Entre entreprises mais aussi dans l’entreprise. Tel service qui fait la guerre à tel autre. On rencontre la version saine où l’on fait de la compétition pour rire. Mais il y a aussi les cas où l’on vous dénigre si vous copinez avec l’ennemi.

Ou bien, l’ennemi c’est celui qui ne bosse pas. C’est l’artiste qui vit frugalement “mais qui profite du système et ne fait rien de ses journées”

  • La sujétion mentale conduisant à des actes ou à des abstentions préjudiciables

« Si elle était mieux organisée elle n’aurait pas eu cet accident lié à la fatigue ».

Vous êtes salarié(e) ?

Moi aussi, tout en étant entrepreneur. J’aime mon job salarié, j’aime mon job indépendant. Et même si mon job indépendant me rapporte plus financièrement que mon job salarié, j’ai envie de garder les deux pour le moment. Juste parce que j’aime bien.

Mais j’ai connu des situations très douloureuses dans le passé. Parce que je donnais trop de pouvoir à ma hiérarchie, je me suis laissée rabaisser et humilier. En silence. Car je croyais que c’était normal.

Je ne dis pas que si vous êtes dans une entreprise qui vous fait plus de mal que de bien vous devez claquer la porte aujourd’hui. Je suis partisane de travailler d’abord sur soi avant de tout mettre sur le compte des autres. Balayer devant sa porte en premier lieu. Même si elles ne justifient pas ce qu’il m’est arrivé, j’ai aussi fait des erreurs.

Il m’a fallu les accepter et me pardonner pour ensuite passer à l’action pour que les choses changent.

Prenez un moment d’introspection pour répondre à cette question : que voulez-vous vraiment ? Rester là où vous êtes ? Evoluer ? Quoi qu’il en soit, le choix n’appartient qu’à vous…