« Tu devrais essayer la sophrologie, ça t’aiderait », « tu as pensé au yoga ? ». Sans savoir pourquoi, ces remarques m’irritaient. Je n’avais pas du tout envie d’essayer ces choses-là, je ne voyais vraiment pas en quoi cela pouvait m’être utile. Je me disais, qui sont-ils pour savoir ce qui est bon pour moi ? Ils n’ont aucune idée de ce que je vis. Je ne m’estimais pas stressée en dehors des crises d’angoisses, et j’étais persuadée que ces disciplines me rendraient encore plus apathique. J’avais tort.

Dans la période où ma santé mentale s’améliorait à grande vitesse, un certain mal-être demeurait au fond de moi. Un résidu de stress et de tristesse, qui s’accrochait à moi et me ralentissait. C’était une fourbe mélancolie, qui me rappelait mon passé dans les moments où je faiblissais. Lorsque j’ai visité le Canada, j’ai profité de l’occasion pour rencontrer une psychologue. J’avais entendu parler des travaux outre-Atlantique sur les SSPT, ils ont une longueur d’avance sur l’Europe. Je me suis tout de suite sentie à l’aise avec l’interlocutrice que j’ai rencontrée. Des termes directs, nos discussions allaient droit au but, et en même temps beaucoup de douceur dans l’avancée des exercices. La thérapie a duré deux mois. Elle a tenu compte du fait que j’étais tenue par les délais pour rentrer en France.

J’ai évoqué avec elle la période noire de ma dépression, et du fait que j’allais beaucoup mieux au moment où je lui parlais. Elle m’a félicité de mes avancées. Elle a aussi été horrifiée par la façon dont la justice m’a traitée, ainsi que des faibles peines d’emprisonnement en France.

S’il y a une chose à retenir de cette belle rencontre, c’est la découverte de la Pleine Conscience, qui se dit Mindfulness en anglais. J’ai découvert les miracles de se concentrer sur sa respiration. L’exercice m’a mis dans un état de détente absolue, et pour la première fois je me suis sentie en totale sécurité. C’est là que j’ai compris que tout était possible pour la suite. A une séance, il a même été possible de me faire revivre la scène dans mon cerveau, bien sûr me mettre à angoisser, puis revenir dans un état de calme, en dirigeant lentement ma concentration sur des scènes apaisantes. Avoir la sensation d’être maître à bord m’a donné envie de mettre le cap loin dans mes objectifs de vie.

La méditation n’a rien d’une recette miracle, et ne relève pas de la magie non plus. La science a démontré à plusieurs reprises ses effets bénéfiques sur la santé. Depuis lors, je médite tous les jours pendant 10 min. Lorsque je me sens totalement détendue, je remercie et exprime toute ma reconnaissante pour être en vie, et pour tout le bonheur que la vie m’apporte. Je fais toujours le même exercice : je me concentre sur ma respiration, sur l’air qui entre et sort de mes poumons. Et je souris, c’est plus fort que moi.

“L’instant présent tu es l’essence du voyage”

[Mylène Farmer – Et Tournoie]

Si vous souhaitez essayer, ce que je vous recommande fortement, c’est très simple et ça peut vous apporter beaucoup. Placez-vous dans un endroit calme, assis et le dos droit. Mettez-vous à l’aise, la position de vos jambes dépend de ce qui est le plus confortable pour vous. Personnellement, ça change selon les jours. Idéalement, pratiquez le matin, vous partirez sur de bonnes bases pour votre journée.

Essayez au moins pendant 3 semaines au quotidien. Ce n’est pas évident de vider ses pensées pendant 10 minutes, parce que le cerveau pense toujours et encore. Mais il ne faut pas s’en vouloir, simplement revenir tranquillement se concentrer sur sa respiration. Celle-ci doit être ventrale. Surtout, ne jamais se blâmer de ne pas être concentré, c’est normal et c’est le jeu de s’entraîner. Pour ma part j’utilise l’application mobile “Mindfulness” (gratuite). C’est en anglais mais parlé très doucement, cela aide à faire revenir son focus quand on est dispersé.

Notez votre état à l’issue de ces 3 semaines par rapport au début. Il y a de fortes chances que vous en fassiez une habitude de vie.