L’hiver arrive, le froid traverse nos couches de vêtements et on a envie de rester au chaud sous la couette le matin. Vous le savez, un bon sommeil est une condition nécessaire pour avoir bonne santé. Les médecins préconisent environ 8h (à plus ou moins 1h) de sommeil par nuit pour permettre à l’organisme d’être bien reposé.

Lors de nos phases de sommeil, nous réparons nos cellules. Notre cerveau fait le tri des informations accumulées au cours de la journée. Notre système digestif stocke les divers nutriments ingérés. Et nos muscles sont détendus, en cours de rechargement pour affronter une nouvelle journée.

Cependant, trop de sommeil peut avoir des effets nocifs. C’est exactement le même principe que l’alimentation : il n’y a pas d’aliment mauvais pour la santé à partir du moment où l’on ne fait pas d’excès. Dans son ouvrage « Les vilains petits canards », Boris Cyrulnik évoque un comportement que certains enfants adoptent suite à un ou plusieurs violents traumatismes. Ils dorment tout le temps. Le sommeil est pour eux un refuge, car le temps qu’ils dorment ils n’ont pas à affronter ce monde extérieur qui leur cause toute cette souffrance. C’est la barrière la plus efficace qu’ils aient trouvé pour se protéger de l’environnement hostile auquel ils sont confrontés.

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Il existe chez les enfants traumatisés les deux figures de cas : soit ils dorment trop, soit très peu. Les enfants dormant tout le temps seront apathiques, peu réactifs, lents. Ceux ne dormant pas peuvent être hyperactifs, ils font des cauchemars qui les font hurler la nuit. En journée ils sont agités et énervés. Chaque enfant est unique, façonné par son environnement et sa représentation interne des évènements qu’il vit.

J’ai été une adulte enfant marmotte. En fait, je suis une éternelle enfant. Je vois le monde comme une enfant, innocemment et avec un mélange d’émerveillement et de perplexité. Et donc parmi mes comportements autodestructeurs, il y a eu le sommeil à outrance. Je dormais environ 16h par jour. C’était mon seul plaisir de la vie. Je rentrais de cours et me mettais au lit, et souvent le lendemain matin je n’avais pas envie de me lever. Alors je séchais les cours, juste pour dormir. Bien sûr, après je me lamentais de mes mauvaises notes, et je me blâmais d’être aussi apathique.

L’inactivité extrême comme cela est mauvaise pour l’organisme. J’étais faible, mes muscles avaient fondu pour laisser place à de la graisse inélégante. J’étais tout le temps fatiguée, et je voulais toujours plus dormir. Un tout petit effort représentait une montagne à soulever à mes yeux. C’est dans cette période que je tombais souvent malade avec des rhumes interminables. Le cercle de négativité dans lequel je me trouvais avait mis à bas ma joie de vivre en même temps que mon système immunitaire.

 

Reprendre le contrôle

Les adultes traumatisés sont très souvent sujets aux insomnies. Mis à part en période de crise d’angoisse, je n’ai pas connu de période où je ne parvenais pas à m’endormir. Comme je l’expliquais, mon corps ne voulait que dormir. C’était ma façon d’oublier. Certains utilisent l’alcool, moi c’était dormir. Quand je dormais, je n’avais pas à affronter ce monde injuste, et je cessais enfin de me poser toutes ces questions déprimantes.

Si vous êtes actuellement dans le cercle vicieux que je vous décris, sachez que l’excès de sommeil ne s’arrangera pas sans action de votre part. Je ne dis pas que c’est chose facile, mais c’est nécessaire à la reprise du contrôle de sa vie. Si vous ne le faites pas, vous vous exposez à de grosses complications : risques cardiaques, dépression amplifiée, problèmes digestifs, atrophie musculaire…

J’ai essayé plusieurs fois de me dire « bon à partir de cette nuit tu dormiras 9h c’est amplement suffisant ». Ma volonté a durait environ 5 jours, et puis je reprenais imanquablement mon rythme d’avant. Si l’écart de temps est trop important, c’est compliqué de tenir dans la durée. La volonté est comme un muscle : sollicité trop longtemps elle s’épuise. Pour réinstaurer une habitude saine, il faut donc y aller progressivement. Si vous avez essayé cette méthode et échouer c’est normal et il ne faut pas vous en blâmer. Cela ne signifie pas que vous ne parviendrez jamais à reprendre un rythme plus harmonieux.

C’est finalement de cette façon que j’ai procédé : pendant 1 semaine j’ai dormi 20 minutes de moins. L’objectif était facilement atteignable. Puis la semaine suivante j’enlevais à nouveau 20 minutes. Avec ce temps de gagné, je m’imposais au moins 10 minutes de mouvements par jour : très légers, un peu stretchings (bouger les bras, tourner les hanches, les poignets). De cette façon j’éveillais tout doucement mes muscles. J’étais encore trop fatiguée pour faire du sport.

Rien que ces mouvements et le fait de se lever un peu plus tôt ont permis à mon cerveau de réémettre des pensées plus positives. J’étais capable de le faire, alors que je n’y croyais plus. Mon estime de soi avait gagné un point. On estime qu’une habitude met environ 30 jours avant de devenir naturelle. En se fixant un objectif atteignable pendant 30 jours, il est donc très probable que l’habitude s’implémente dans une durée beaucoup plus longue. Vous pouvez donc tenter l’expérience sur un mois, et faire le bilan du changement à l’issue de celui-ci. Vous serez tellement satisfait de vous-même que vous voudrez poursuivre cette lancée, et en plus cela ne représentera plus un effort contraignant !

Puisqu’un article sur le sommeil ne peut pas être crédible sans chat, ce sera ici la conclusion…

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