Je suis une éternelle flemmarde

Depuis toujours. Je suis incapable de courir plus de 30 minutes sans m’ennuyer, mon corps se sent épuisé si je dépasse ce temps, pour se venger de l’avoir fait se bouger « pour rien ». A l’école j’étais première de classe pour les cours, mais systématiquement dernière en sport. Les profs me sommaient d’arrêter « d’en faire exprès »… Alors que je me donnais à fond pour de vrai ! Je devais faire un blocage, et ne pas croire en mes capacités sportives au fond de moi. Et puis je ne voyais pas l’intérêt de s’épuiser ainsi, c’était douloureux et je me sentais toujours mal à la fin d’une séance de sport.

J’ai pratiqué plusieurs activités sportives extra-scolaires. Les moins fatigantes : gym, karaté (on ne courrait pas à faire des katas en boucle). Mais j’avais un niveau médiocre qui ne s’améliorait pas. Je préférais jouer de la musique ou écrire/dessiner, écrire des partitions musicales. C’est posée sur un  bureau que je m’épanouissais le plus, je créais et puis jetais tout car je n’étais jamais satisfaite au point de vouloir partager. Peu m’importait, j’étais heureuse tout le temps de la création. Mon imagination débordante est ma principale source de distraction, dans les deux sens du terme… Je m’amuse à imaginer des histoires saugrenues, mais je m’amuse moins lorsqu’il faut que je me concentre sur une tâche plus terre-à-terre.

 

Les conséquences de mon apathie

Vous l’aurez compris, je n’avais pas un corps au top de sa forme. La nature est injuste, sans bouger et avec une alimentation peu équilibrée j’ai un métabolisme qui fait que je suis plutôt svelte. Mais un peu fatiguée, manque de tonus. Au cours de ma dépression, ce métabolisme a changé. Avec exactement la même alimentation, voire en plus petite quantité car mon appétit était moindre, je suis devenue grasse. J’ai gagné deux tailles de vêtement supplémentaires. Déjà que j’étais mal, ma confiance en moi a encore chuté. Je blâmais d’autant plus ce corps qui n’avait même pas été fichu de me sauver lorsque j’étais en danger.

Maintenant je suis plus tonique, gainée et pile à mon poids santé. Je pratique du sport régulièrement, à un rythme qui fait que j’apprécie de le faire et de me reposer ensuite. Je vais seulement une fois par semaine en salle de sport. En revanche, je marche pas mal le soir et le week-end. Je suis totalement « bien dans ma peau », et pour être bien dans sa tête, ça compte.

 

Une démarche personnelle

On vous l’a assez répété, le sport c’est bon pour la santé. Permettez-moi d’en rajouter une couche : le sport est un bon moyen pour soigner son mental. Lire de tels propos avait le don d’encore plus me déprimer avant. Je me persuadais que j’étais incapable de quoi que ce soit. Je mettais tout simplement la barre trop haut. J’étais jalouse des gens ultra sportifs et dynamiques, parce que cela faisait un contraste énorme avec mon état. Ils représentaient la joie de vivre que plus jamais je ne croyais atteindre. Juste l’idée de me bouger et d’être malheureuse à le faire me donnait envie de pleurer…

J’ai mis du temps à comprendre qu’il ne faut pas se comparer aux autres. Déjà, tous les gens sportifs ne sont pas heureux. Certains se réfugient dans l’activité physique pour oublier leurs maux, de la même façon que moi je me réfugiais dans le sommeil à outrance. Et puis surtout, je n’ai pas besoin d’avoir leur niveau pour mériter le bonheur. A partir de là, une marche d’une à deux heures me satisfaisait. Mon corps avait bougé, et je m’aérais. Je continue toujours cela à l’heure d’aujourd’hui.

 

Les effets scientifiquement mesurés du sport

Le sport, pourquoi c’est bon pour la santé ? Parce qu’en se bougeant, on augmente le taux de dopamine dans notre sang. La dopamine est un neurotransmetteur, c’est-à-dire une molécule chimique qui sert à communiquer entre deux cellules nerveuses. Plus notre taux de dopamine est élevé, plus on est heureux, et plus on a envie de faire des choses diverses et variées. S’ajoutent à cela les endorphines et d’autres hormones qui stimulent positivement le métabolisme. C’est cette combinaison chimique et physique qui permet de maigrir si les efforts sont maintenus. En bougeant avec le sourire, on adopte une posture droite qui envoie des signaux positifs au cerveau : progressivement, on est moins avachis (conséquence de la dépression), et moins recroquevillés (conséquence de l’angoisse).

Privilégiez la régularité à l’intensité. Pour ma part je suis une adepte des efforts en douceur. Vous n’avez pas besoin d’être complètement épuisé à la fin d’une séance de sport. Si vous l’êtes trop, votre motivation diminuera au fil du temps, et vous abandonnerez les efforts, car vous associerez trop de souffrance au sport sans voir les résultats immédiatement. C’est normal, parce que la motivation peut être comparée à un muscle : si on ne la ménage pas, elle claque. Commencez petit, vous aurez tout le temps d’augmenter la dose par la suite. Lorsque vous aurez implémenté l’habitude, n’oubliez pas de vous féliciter. Vous pourrez être fier d’avoir libéré du temps pour prendre soin de vous, et uniquement de vous.

Quelle action allez-vous mettre en place pour bouger dès aujourd’hui ?