Tout un programme. Les sujets du titre semblent n’avoir aucun point commun. Et Pourtant

 

Si je devais mourir demain

Ce n’est qu’en me levant ce matin que j’ai pris connaissance du nouveau coup dur touchant la France. Hier soir j’ai coupé mon téléphone le temps du spectacle auquel j’ai assisté, et puis je suis allée me coucher sans regarder ce qu’internet racontait. J’ai bien fait, mon sommeil a été excellent. Le réveil a été plus mouvementé. J’ai la chance d’avoir tous mes proches parisiens en sécurité, c’est égoïste mais humain de s’assurer en premier lieu que ceux que l’on aime vont bien.

Comme la plupart des Français aujourd’hui, je me sens triste et solidaire des familles des victimes. Je prie pour leurs proches, partis d’une façon si injuste. J’ai préparé une bougie pour la fenêtre ce soir. Chacun à son échelle contribue au mouvement d’entraide qui s’installe. Nous sommes un peuple au grand cœur malgré ce que certaines mauvaises langues vilipendent.


Ce matin, j’ai réalisé une séance photo avec une chouette professionnelle. Cela était prévu depuis plus d’un mois. L’ironie des dates veut que mes motivations pour m’accorder cela étaient liés à mon leitmotiv : « et si je mourrais demain ? ». Autant vous dire que j’ai bien pris conscience du sens de ma démarche.

Si je meurs demain, ces photos demeureront. Si je meurs demain, une partie de mes écrits seront inscrits dans la mémoire du web. Si je meurs demain, j’aurais été heureuse jusqu’au bout, notamment en effectuant des activités qui me font plaisir au moins une fois par jour. Si je ne meurs pas demain, je me fais la promesse de vivre une journée de plus de façon pleinement consciente, en accord avec mes valeurs de liberté et d’amour. Et surtout, d’être reconnaissante de cette précieuse journée supplémentaire que la vie m’accorde.

 

Une peur motrice

Après avoir frôlé la mort, la peur de mourir ne disparait pas. On peut traiter les symptômes : stopper les douleurs liées à l’angoisse (maux de ventre, migraines), ralentir le rythme cardiaque, se concentrer sur le plaisir, gagner en énergie. Et c’est un énorme soulagement que de ne plus avoir ses souffrances.

Mais jamais l’idée de la mort ne quitte notre esprit. Les résilients savent bien que tout peut s’arrêter demain. La notion de fin est imprégnée en nous. Alors plutôt que de résister, de nier cette idée ou de s’en attrister, pourquoi ne pas en faire un atout ? La peur est notre alliée. Si on a peur, c’est parce que l’on a envie de vivre, et la peur veut nous protéger, nous sommer d’être prudents. C’est là que notre philosophie de vie change.

Le principe du jeu est le suivant : on accepte l’idée de la mort comme partie intégrante de la vie. Lorsque l’on est encore dans le statut de victime, le plaisir de vivre est gâché par l’angoisse de profiter de la vie. Chaque activité représente un risque de mort. Ce qui m’a sauvée, c’est mon amour de la liberté. En étant prisonnière de mes peurs, je n’étais pas libre. Et celle qui m’a rappelée que je devais vivre libre, c’est Mylène.

 

Couverture du livre Fragile, mai 2015

Couverture du livre Fragile, mai 2015

 

Mylène Farmer est un modèle de résilience

Le nom du site, parlons-en ! Il est inspiré de la chanson Il n’y a pas d’Ailleurs, extrait de l’album L’Autre (1991). C’est une véritable apologie de la résilience à mon sens :

 

Pour renaître
De tes cendres
Il te faudra
Réapprendre
Aimer vivre, rester libre

 

La renaissance est un pilier de la résilience. Guérir, c’est renaître. Une renaissance car tout ce que l’on était avant est détruit. Un résilient reconstruit tout. C’est plus ou moins long, et ça demande de l’énergie. L’avantage, c’est qu’il peut choisir ses matériaux. Aimer Vivre est une expression parfaite. Il résume les deux plus beaux cadeaux que l’être humain peut recevoir : l’Amour et la Vie.

« Il n’y a pas d’Access, pour être libre »

[Pas d’access]


La liberté est un parcours, et se battre pour rester libre fait mûrir : on grandit libre. C’est ainsi que j’ai réadapté la dernière strophe citée pour nommer ce site. Voilà pour l’origine du nom d’AVGL, qu’en pensez-vous ?

L’amour et la liberté sont les sujets redondants des chansons. Elle nous incite à suivre sa voie : faire ce qui est nécessaire pour atteindre ses rêves ! Elle indique que nous seuls pouvons-nous prendre en main, et créer l’avenir que nous désirons pour être heureux.

« Ceux qui ont peur sont debout, les autres dorment mou, se battre pour ses rêves… » [Tomber 7 fois] « Aimer. Résistance. Dissonance. » [Love Song] « Moi j’ai essayé de vivre. Donner, donner un sens à ma vie ici. » [J’ai essayé de vivre] « Les chemins sont multiples, tout est question de choix » [Méfie-toi]

A force d’écouter en boucle les mélodies, je me suis imprégnée des textes. C’est le principe de la propagande : bourrer le crâne avec le même message encore et encore. Fort heureusement, ceux-là sont de bons principes qui améliorent une vie s’ils sont appliqués. Car en écoutant encore et toujours ces messages d’espoirs, on se donne le droit d’agir pour acquérir cette liberté.

Hier, des ennemis de la liberté ont attaqué notre pays. Plus que jamais, il est vital de la défendre.

« A quoi bon abattre des murs, pour y dresser des sépultures ? A force d’ignorer la Tolérance, nous ne marcherons plus ensemble. » [Rêver]

J’ai peur de mourir, mais j’ai rendu mon désir de grandir libre plus ardent. C’est possible. Et la vie est beaucoup plus colorée lorsque l’on en profite pleinement. Ainsi, chaque jour je réalise au moins une action pour me rapprocher de mon idéal de vie. Croyez-moi, lorsque l’on prend sa vie en main, on sent que l’on a plus le contrôle des évènements : de fait, on réduit l’angoisse. C’est un cercle vertueux que vous pouvez intégrer à votre quotidien dès aujourd’hui. Faites le premier pas, maintenant, car vous méritez cette vie heureuse.