« Pourquoi cela est arrivé », « pourquoi moi ? », « pourquoi la vie est-elle aussi injuste ? »…

Cela vous dit-il quelque chose ? Nous avons tous posé ces questions. Ce sont des réponses compliquées à obtenir, et parfois il vaut mieux ne pas les connaître. Lorsque ces interrogations passent en boucle dans notre esprit, elles affectent fortement notre moral. Ce n’est pas de notre faute. Après le choc on a une sensation de vide. On se sent en décalage par rapport à notre routine d’avant. Alors on comble ce vide en recherchant des réponses, des pistes un peu partout.

 

Un frein à l’avancement

C’est une stratégie adoptée inconsciemment, mais ce n’est pas la meilleure pour rebondir. Les réponses que l’on imagine sont souvent plus déprimantes que les questions elles-mêmes. Et le temps que l’on passe à se demander tout cela, c’est du temps que l’on perd pour se soigner. On ne se concentre plus sur les points positifs de notre avancée parce que toutes les ressources du cerveau sont fixées sur ces interrogations. C’est la nature humaine d’être curieux, et c’est une bonne chose.

Cette curiosité a abouti à toutes ces technologies que l’on connait. Mais notre besoin de comprendre peut être négativement envahissant si on ne l’oriente pas correctement. C’est là que reformuler les questions est nécessaire. Il est possible de les tourner de façon à se sentir à nouveau en état de « marche vers l’avant ».

Il existe des techniques précises pour tricher avec ces questions qui surgissent en boucle. Je les ai utilisées après les avoir découvertes en école d’ingénieur. Elles sont très simples et étonnamment puissantes. En les appliquant, soit je trouvais une réponse, soit j’en arrivais à des questions tellement absurdes que je riais de moi-même. Et lorsque l’on rit, on se soigne : le rire est le meilleur médicament que je connaisse. Il existe deux techniques pour détourner son attention des questions démoralisantes, je vous les présente ci-dessous.

Première solution : multiplier les « pourquoi ? »

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Intuitivement, on ne s’imagine pas qu’il est possible d’ajouter des « pourquoi ? » pour s’en détacher.

L’outil des « 5 pourquoi » est très utilisé chez les ingénieurs. Le principe est le suivant : à chaque pourquoi on énonce une ou plusieurs réponses. A cette réponse, on réitère le « pourquoi » ? On obtient une réponse plus affinée.

Exemple (issu de mindtools) :
Problème : Le client a refusé de payer les flyers que vous avez imprimés pour lui.

  • Pourquoi ? La livraison s’est faite en retard, les flyers n’ont donc pas servis.
  • Pourquoi la livraison était en retard ? La tâche a pris plus longtemps que prévu.
  • Pourquoi la tâche a duré plus longtemps ? Il n’y avait plus d’encre en stock.
  • Pourquoi n’y avait-il plus d’encre ? Elle a été utilisée pour une grosse commande de dernière minute.
  • Pourquoi ? On n’en avait pas assez pour honorer toutes les commandes, et on n’a pas pu en commander assez rapidement.

Parfois le processus est réalisé très rapidement dans notre esprit, la solution semble évidente dans ce cas. Si vous refaites l’exercice avec la question « pourquoi la vie est injuste ?», sur quelle(s) piste(s) arrivez-vous ? Cela doit déboucher sur une action simple qui peut être appliquée rapidement comme par exemple « je dois prendre plus soin de moi en m’accordant un loisir ».

 

Seconde solution : QQOQCCP

Le sigle le plus comique que j’ai rencontré. La première solution est orientée uniquement sur causes. Celle-ci s’intéresse également au contexte d’une situation donnée. Ainsi, avant de demander « pourquoi ? », on va demander :

Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Comment ? Combien ? Pourquoi ?

Ces nouvelles questions ont deux avantages. Déjà, on change de disque par rapport à avant, et on regarde d’autres pistes. Et surtout, les réponses apportent de nouvelles idées.

Dans mon cas, c’est ce qui m’a amené à créer le site que vous lisez en ce moment. J’en suis arrivée à la question : « Comment faire pour que les autres victimes souffrent le moins longtemps possible ? ». J’ai alors décidé d’agir en diffusant mon message.

Je me suis également demandé « Comment éviter que les autres ne vivent la même chose ? ». Ce qui revient à prendre le problème plus en amont encore. Mes recherches ont abouti sur des associations qui traitent le sujet. Notamment l’Institut pour la Justice qui souhaite renforcer le budget de la justice, et améliorer les conditions de prise en charge des victimes.

Les questions peuvent nous démoraliser ou nous renforcer. C’est à nous de décider comment les tourner, de façon à avancer dans la direction que l’on souhaite. Au début les interrogations négatives reviendront, mais à force de prendre l’espace avec de nouvelles idées, notre cerveau ira naturellement chercher des idées d’actions en notre faveur.

Et vous, quelles sont les nouvelles questions motrices que vous avez créées suite à ces exercices ?