Si vous êtes dans le cercle vicieux de la solitude, chercher à en sortir juste pour vous «sociabiliser» sera vain. Réfléchissez d’abord à ce qui vous manque dans la compagnie des autres.

Comment s’est-on retrouvé avec cette solitude?

Dans les moments de désespoir, chacun cherche son refuge. Certains se noient dans l’alcool, d’autres fument, et il y a ainsi toute une palette de mauvaises habitudes imaginables, dans le but d’oublier. Je ne suis pas très fière des comportements à risques que j’ai eus. J’assume tout mon passé, ces moments sombres font partie de moi, et c’est une condition essentielle pour avancer. Oui j’ai mal agi, je me suis négligée, j’ai fait des choses mauvaises pour moi. J’ai maltraité mon corps en l’accusant d’être la cause de tous mes malheurs. J’ai incendié mon cœur d’être aussi versatile et instable, d’aimer les choses qui sont mauvaises pour moi et d’être indifférente aux belles choses de la vie.
Mon refuge, c’était le sommeil. La vie me paraissait fade, alors je dormais 16h par jour. Je séchais les cours car je n’avais pas foi en l’avenir. Seul un lit m’apportait du réconfort. Quand cela ne suffisait pas je fumais. Je sortais peu, et lorsque je le faisais j’avais l’alcool triste. C’était toujours le même schéma. Euphorie puis tristesse puis angoisse. Bref, la solitude. Pas étonnant que je n’étais plus invitée à terme. Au final, je ne regrette pas d’avoir autant dormi. J’avais besoin de ce repos. Je m’en voulais d’être ainsi, mais c’est ce qui fait que maintenant je suis sereine. J’avais dépensé beaucoup d’énergie pour survivre. Et au fond, le sommeil était une technique de survie. J’étais bien enfermée, avec de quoi me défendre à proximité si besoin, et le temps que je dormais je ne l’utilisais pas pour prendre le risque de mourir dehors en sortant.

Ne vous battez pas contre la solitude, accueillez-là

Acceptez ce que vous êtes. Non, vous n’êtes pas cette personne ignoble et faible à la fois. Vous êtes peut-être fatigué(e), brisé(e) mais vous êtes sur le point de vous époustoufler par votre force de caractère.
Etes-vous une adepte de la procrastination ? Si oui, c’est normal. En remettant tout au lendemain, le cerveau sait très bien qu’il n’agira pas ou peu, limitant ainsi les risques d’action et de mort. Ne vous blâmez pas d’avoir ce comportement. Réduisez vos objectifs si vous le pouvez. Peut-être commencer par se challenger sur 2 minutes de telle ou telle tâche. C’est comme cela que j’ai avancé. J’effectuais une toute petite tâche, et je me félicitais en courant dans mon plaid sur le canapé. Maintenant, je suis ingénieur, auteur, consultante et surtout intérieurement heureuse. J’ai cru en moi au moment où plus personne n’y croyait. Je suis passée de dernière de promo à l’université, à dans les 10 premiers au semestre suivant. Peut-être ai-je des facilités, mais plus probablement c’est la foi en mes capacités qui m’ont fait décoller.
N’oubliez pas d’être reconnaissant. Soyez reconnaissant d’être en vie. Je ne connais pas votre parcours, mais même dans ces heures les plus sombres il y a eu quelques secondes de positives, je le sais. Une brise sur la joue, un bon plat, un rire contagieux… Même au plus profond de la dépression, où tout demeure neutre, notre cœur envoie des petits signaux de plénitude. Ils sont là, très enfouis, mais bien là. Remerciez votre cœur de vous apporter cela, car ce sont les petits signes qui indiquent que vraiment tout est possible.
Avez-vous, ou aviez-vous des rêves ? Qu’en est-il aujourd’hui ? Ecrivez-les, sans vous poser la question de leur possible réalisation ou non. Inscrivez vos rêves présents ou passés. Où en êtes-vous ?

L’amour, toujours l’amour

amour solitude

Chaque jour apporte sa dose d’amour. L’amour est un puissant allié. Avec lui on se sent invincible au début. Le meilleur vendeur est celui qui aime les autres et ce qu’il fait. Il est essentiel d’entretenir cette culture de l’amour. Je ressens de l’amour lorsque je reçois des sourires sincères, lorsqu’un rayon de soleil vient taper sur ma joue, lorsqu’un ami me prend dans ses bras. C’est ce baume quotidien qui m’a soignée, même lorsque j’étais très seule. Cela peut sembler paradoxal. C’est ouvrir mon cœur qui m’a sauvée. Peu importe vos convictions sur le sujet, vous avez le droit aussi d’être bercé d’amour. Ce que je vous dis vous semble vague. Comment concrètement ressentir cela ? En décidant d’accepter de le recevoir. Lorsque je marche, je reçois avec gratitude toute la vie qui m’entoure. J’accepte la peur qui me saisit lorsque je croise un homme qui ressemble à mon agresseur tout comme j’accepte la tendresse des yeux d’un enfant qui joue.

 

“Nous avons le choix de nourrir le positif en nous ou de nourrir le négatif, le plus fort est celui que l’on nourrit le plus” Melki Rish