Le fameux bilan sur soi. Où suis-je ? Qui suis-je maintenant ? Que le trauma date d’il y a un jour ou dix ans, il faut s’avoir d’où l’on part pour avancer dans une direction. Il y a diverses situations où il est préconisé de faire un bilan de ses atouts et de ses « points de progrès ». Lorsque l’on recherche un emploi par exemple, où le CV est typiquement une photographie d’où l’on se situe à un moment donné. C’est l’occasion d’effectuer un constat honnête, qui nous permet de voir ce qui nous manque pour atteindre un objectif.

Suite à un traumatisme, l’exercice a également tout son sens. On y définit sa personnalité actuelle, et les comportements qui sont parfois devenus habituels. C’est ainsi que l’on peut constater à quel point le traumatisme a des conséquences sur qui nous sommes aujourd’hui.

Pour pouvoir rebondir, il faut savoir d’où l’on saute.

Dressez un portrait honnête de vous-même, sans vous dévaloriser, sans non plus cacher certains aspects. Ne rejetez la faute sur personne en constatant des vérités un peu piquantes. Par exemple, je pensais que ma solitude était liée au fait que personne ne s’intéressait à moi. En fait, je ne me rendais pas compte que lorsque j’étais avec des gens, c’est moi qui ne les écoutait pas, et qui était absente lors de discussions. Je n’étais pas la compagnie la plus agréable qui soit. Au bout d’un moment, je me suis retrouvé très isolée, et je n’osais plus faire un pas vers autrui. C’était une erreur.

Faites ensuite la part des choses : cette qualité ou ce défaut, était-il déjà là avant le choc ? Vous remarquerez également que certains points initialement ancrés à votre personnalité se sont atténués ou amplifiés avec le temps. Demandez également l’avis de votre entourage sur la question. Montrez-leur votre bilan, et notez ce qu’ils remarquent de leur point de vue. Il y aura inévitablement des différences, car on n’est jamais ce que l’on croit être aux yeux des autres.

Alors, qu’est ce qui a changé entre avant et après le trauma ? Comment les nouveaux comportements se manifestent-ils ? Détaillez tous ces items pour avoir au final une vue d’ensemble, une photographie de la façon dont vous vous percevez aujourd’hui. Le comportement le plus marqué dans mon cas à la suite du trauma était clairement l’évitement. Je ne sortais quasiment plus, car j’avais trop peur de m’exposer à un danger. Et lorsque je sortais, je culpabilisais de prendre des risques à le faire, en me disant que s’il m’arrivait quelque chose ce serait entièrement de ma faute.

Le traumatisme a des conséquences parfois paradoxales. Il engendre des comportements destructeurs, mais également certains bénéfices. Il agit comme une leçon de vie. Une leçon donnée de la façon la plus brutale et injuste qui soit, mais il n’empêche que l’on en tire des enseignements. Je suis devenue encore plus curieuse à la suite de cela. Curieuse car j’avais besoin de comprendre. Je voulais comprendre pourquoi l’humain est capable du meilleur comme du pire. Ceci a abouti à une capacité d’apprentissage plus élevée qu’auparavant lorsque je me renseignais sur un sujet qui m’intéresse.

Tout le monde change avec le temps. Et les évènements que l’on vit nous changent également. La brutalité vécue dans notre passé laisse des trace et nous change, qu’on le veuille ou non. Nous ne pouvons pas changer le passé. Mais nous pouvons décider de donner un sens à ce changement. En fonction de nos actions quotidiennes, on peut choisir de s’affaiblir ou bien de se renforcer. S’accorder le temps d’une introspection comme celle-ci est un bon début pour orienter positivement les changements qui rythment notre vie. C’est ainsi que je me suis rendue compte qu’il était nécessaire dans mon cas de rendre les désirs plus fort que les peurs. De cette façon j’ai eu à nouveau envie de profiter de la vie et je me suis enfin sociabilisée.

Et vous ? Où en êtes-vous aujourd’hui ?